Une exposition sur le peintre André Derain s’est ouverte au Centre Pompidou en octobre, sur le thème « 1904-1914 : la décennie radicale ». Jusqu'au 29 janvier 2018, vous pourrez admirer plusieurs ensembles de toiles regroupés autour de thèmes et d’années importantes pour l’artiste.

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Des sujets traditionnels pour une technique audacieuse

Natures mortes, danseuses, baigneuses, scènes dans les champs et paysages en tous genres, André Derain s’inscrit dans une histoire des arts traditionnelle. Les premières œuvres présentées sont très réalistes et nettement influencées par les textes de Zola. Derain est un homme de son temps, et la photographie l’attire tout autant. C’est intéressant de regarder de minuscules clichés qui ont servi de base pour des toiles bien plus grandes, comme « Le Bal de Suresnes » peint en 1903.

Rapidement, Derain s’émancipe des codes et donne toute leur puissance aux couleurs. Fasciné par Van Gogh, il n’hésite pas à les laisser éclater. Lors de son séjour à Collioure, il peint des toiles saturées et explosives en compagnie de son ami Matisse. Elles seront exposées lors du Salon d’Automne de 1905, et feront scandale dans la salle dite des « Fauves ». « Les Montagnes à Collioure » en est une bonne représentation avec des couleurs qui reproduisent le mouvement des arbres et des feuilles. La matière est visible et offre une réelle expérience sensorielle. Ce sont des toiles qui se font plus violentes, usant de forts contrastes entre les tons chauds et froids.

Les Montagnes à Collioure, juillet 1905, huile sur toile
National Gallery of Art, Washington, John Hay Whitney Collection

En 1906, Derain fait un voyage à Londres où il tente de rivaliser avec Monet. Ainsi, « Effets de soleil sur l’eau, Londres » évoque fortement le célèbre « Impression soleil levant ». Derain travaille toujours par aplats de couleurs éclatantes, avec des touches bien visibles, mais plus serrées, qui rappellent davantage l’impressionnisme voire le pointillisme.

Effets de soleil sur l’eau, Londres, 1906-1907, huile sur toile
Musée de l’Annonciade, Saint-Tropez

Ami de Braque et Picasso, Derain fait des recherches sur les techniques cubistes. Néanmoins, il refuse son appartenance à ce mouvement et reste dans des représentations du réel. C’est à Cadaqués qu’il utilise principalement des formes géométriques, comme dans sa toile du même nom peinte en 1910.

Cadaqués, 1910, huile sur toile
Galerie nationale, Prague

Une exposition classique et agréable

Placée dans la deuxième galerie tout en haut des escalators, l’exposition est répartie sur 11 salles. Cela fait une balade assez conséquente, alors prévoyez une bonne heure pour en faire le tour et prendre le temps de vous arrêter sur les toiles qui vous interpellent.

Si vous souhaitez des informations sur des tableaux précis, vous pouvez prendre un casque audio. Néanmoins, les cartels dans chaque salle donnent de bons repères biographiques en rapport avec les tableaux présentés. Il existe également une application gratuite Centre Pompidou permettant d’écouter un parcours pour les expositions. Celui d’André Derain est intéressant, avec des citations de l’artiste et des amis qui l’ont accompagné, et beaucoup de petites précisions éclairant les œuvres. Le temps d’écoute est en moyenne de 2 à 3 minutes par œuvre. Petit bonus : les formats des toiles sont indiqués dans cette application, ce qui n’est pas le cas au musée.

Cette exposition s’adresse à tous, initiés comme amateurs. Les enfants trouveront également leur compte, car ce sont des œuvres attractives pour l’œil, et les adultes peuvent facilement proposer une médiation grâce aux explications affichées sur les murs.

Retrouvez les informations pratiques sur le site du Centre Pompidou.

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