Chaque année, la littérature jeunesse est mise à l’honneur pendant une petite semaine lors du Salon du Livre et de la Presse Jeunesse. Avec près de 400 exposants, le programme promet des dédicaces à gogo, des conférences et un étalage de tentations livresques !

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Placé sur deux niveaux, le salon accueille une multitude de stands, principalement des maisons d’édition. Cela va des grands groupes comme Bayard et Gallimard, aux petites maisons indépendantes comme Motus ou Le Genévrier. Les visiteurs peuvent alors acheter les dernières nouveautés et découvrir d’anciens titres du catalogue. Si plusieurs maisons choisissent pour l’occasion des libraires, d’autres sont représentées par l’équipe éditoriale, parfois composée d’une seule personne. C’est toujours sympathique et instructif de discuter avec les personnes qui font les livres. Cela permet de comprendre l’envers du décor, voire de partager des anecdotes croustillantes. De plus, beaucoup d’éditeurs se déplacent de province, voire de pays étrangers comme le Québec ou le Liban.

Plume pas mon auteur !

Outre l’édition, des associations et des organismes étaient présents. C’était le cas de la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse dont l’autrice Samantha Bailly est la présidente. Une manifestation a eu lieu le samedi 2 décembre afin de sensibiliser le public aux problèmes de rémunération que rencontrent les auteurs et illustrateurs pour la jeunesse, problèmes que les traducteurs partagent aussi. Le cortège est parti du stand de la Charte et a scandé sur le chemin des slogans tels que « On n’est pas des pigeons ».

Un discours a suivi la manifestation. Pour commencer, Tom, blogueur sur La Voix du Livre, a évoqué le prix de la Voix des blogueurs remis le matin même, en rappelant que les prix pour la littérature jeunesse sont bien moins dotés que ceux de la littérature générale.

Puis, Samantha Bailly a pris la parole. Elle a expliqué que sur l’année 2016, la littérature jeunesse a fait 324 millions de chiffre d’affaires pour plus de 16 000 titres publiés. C’est un secteur qui a le vent en poupe. Cependant, les auteurs jeunesse perçoivent en moyenne 6 % du prix de vente de leur livre, contre environ 10 % pour la littérature générale. Une étude récente du ministère de la Culture et du CNL a révélé que les interrogés jugent leur métier « précaire », « passionnant », « difficile » et « mal-payé ». Lorsque les éditeurs ont été questionnés, ils ont évoqué des coûts de fabrication très élevés. Les auteurs jugent cela non-recevable car le secteur bande-dessinée a les mêmes problématiques. Ils demandent donc un dialogue avec les éditeurs qui sont véritablement des partenaires.

Tract distribué lors de la manifestation

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