La famille Renoir est célèbre pour son peintre et son réalisateur. Le musée d’Orsay leur rend hommage jusqu’au 27 janvier 2019.

© Chemin montant dans les hautes herbes | Pierre-Auguste Renoir | 1875, huile sur toile

Impressionnisme et paysages

Les tableaux sont de taille moyenne, ça donne une ambiance intimiste. En entrant dans les salles, on se sent presque chez nous. C’est probablement la force de l’impressionnisme. Renoir nous emmène pour des promenades apaisantes à travers des paysages pastel et lumineux.

La Promenade
Pierre-Auguste Renoir
1870, huile sur toile

En parlant de promenade, cette toile est particulièrement douce. Vous la sentez, la brise dans les plis de la robe ? Le bruissement des feuilles qui chatouillent le nez ? La touche, c’est l’un des éléments principaux de l’impressionnisme. Le peintre donne un mouvement à chaque coup de pinceau. Ce genre de tableaux me rappelle toujours les dessins à la craie de Bert dans Mary Poppins. Je me sens aspirée dans la couleur et invitée à vivre de beaux moments, sans ombres. D’ailleurs, Jean Renoir a dit dans une interview que son père était constamment en train de rire et plaisanter. Bert lui ressemble d’autant plus !

Le film « Partie de campagne » de Jean Renoir, adapté de la nouvelle éponyme de Maupassant, retranscrit cette nature pas vraiment sauvage mais paisible, loin de la vie citadine. Les gens sont joyeux, ils jouent, se promènent en barque : autant d’activités que les impressionnistes aimaient peindre. Le film a été réalisé avec l’aide de la famille et des amis de Jean Renoir. C’est là encore un signe de la méthode impressionniste qui consiste à travailler à plusieurs, à se réunir pour échanger sur l’art. Pour ma part, je ne suis pas sensible aux films en noir et blanc. Mais j’imagine parfaitement les bonnes ondes qu’une telle œuvre peut transmettre.

Les liens du cœur

Dès l’âge d’un an, Jean pose pour son père, seul ou avec sa nourrice Gabrielle Renard. Cette dernière a été engagée par les Renoir et elle prendra une place importante dans leur famille.

Gabrielle et Jean
Pierre-Auguste Renoir
1895-1896, huile sur toile

Cette toile dégage beaucoup de tendresse. Les couleurs pastel adoucissent la scène. Le décor n’est pas particulièrement dessiné, et on a l’impression d’être face à un souvenir beau mais lointain : on ressent un peu de nostalgie.

Des décennies plus tard, après la mort de Renoir, Jean demande à Gabrielle de s’installer près de chez lui, aux États-Unis. Elle sera pour lui une seconde mère et un lien avec son père, une sorte de gardienne des souvenirs. C’est en partie grâce à elle qu’il écrit Pierre-Auguste Renoir, mon père et publie cette biographie en 1962.

C’est à mon sens le point fort de cette exposition, on sent vraiment les liens entre le père et le fils, l’échange filial évidemment, mais aussi artistique. Ils se sont inspirés mutuellement et ont souvent intégré à leurs œuvres leur famille et leurs amis. Ce sont des artistes du partage.

Une muséographie ingénieuse

L’exposition est découpée en plusieurs salles très bien aménagées. Il n’y a pas énormément de tableaux à observer, mais au moins on peut se concentrer sans courir. La lumière est apaisante, elle invite à la contemplation. Des extraits cinématographiques sont proposés sur de grands écrans, extraits évidemment en lien avec le thème de la salle.

Le début de l’exposition présente une pièce organisée comme une sorte de cabinet de curiosité. Plusieurs vitrines contiennent des accessoires utilisés dans les films de Jean Renoir, ainsi que sa correspondance. On trouve des extraits vidéos de ses interviews, notamment à propos de son père. Qui mieux que lui pour évoquer ce grand peintre ? En levant les yeux, vous verrez une sorte de frise sur tout le pourtour de la pièce. Installées comme une bobine de film, de grandes photographies alternent avec des écrans retransmettant des extraits cinématographiques. Cela permet d’exploiter la hauteur sous plafond et de créer une atmosphère intimiste, on se sent accueilli dans un cercle familial.

 

Retrouvez les informations sur le site du Musée d’Orsay. Et pour rappel, le musée est gratuit pour les moins de 26 ans ! Vous en aurez pour une heure de visite environ, alors n’hésitez pas à vous promener ensuite dans les autres galeries de l’édifice.

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