Pour les amoureux de sculpture ou simplement les curieux, il existe un petit musée près de Montparnasse qui répond à vos attentes : l’atelier-musée Bourdelle, lieu où le célèbre artiste a résidé et travaillé.

© Au premier plan : Sapho, 1887-1925, plâtre | Au second plan : Centaure mourant, modèle imberbe, 1911-1914, plâtre

Bourdelle, sculpteur de premier ordre

Né en 1861 et mort en 1929, Émile-Antoine Bourdelle a produit de grandes œuvres, au sens propre comme figuré. Cet artiste de Montauban a fait l’école des beaux-arts de Toulouse, puis de Paris. Il apprend la sculpture auprès d’Alexandre Falguière (qui a donné son nom à l’arrêt de métro où vous devrez vous arrêter). En 1893, il rejoint l’atelier de Rodin comme praticien pour une collaboration qui durera 15 ans.

Anonyme, Double portrait de Bourdelle et de Rodin

Bourdelle se voit consacré dès le début du XXe siècle, en exposant dans des galeries et des salons. En 1909, il devient professeur et enseigne à l’Académie de la Grande Chaumière, au cœur de Montparnasse. Il compte parmi ses élèves Alberto Giacometti et Germaine Richier. Reconnu par ses pairs et le public, il devient à la mort de Rodin en 1917 le sculpteur le plus convoité de sa génération et voit ses sculptures installées dans le monde entier, comme à Buenos Aires avec le Monument au général Alvear.

Monument au Général Alvear, 1913-1923, plâtre

Des thèmes reviennent souvent dans son œuvre, et notamment la mythologie et l’Antiquité. Héraklès, Sapho, le centaure ou encore les bacchantes sont des figures importantes. Pour le Théâtre des Champs-Élysées, il réalise une frise en bas-reliefs représentant les arts, alliant simplicité et monumental.

L’Architecture et la Sculpture, bas-relief pour la façade du Théâtre des Champs-Élysées, 1912, plâtre

Un musée où l’intime se mêle au monumental

Un trésor attend les visiteurs qui s’aventurent dans les rues du quartier Montparnasse. L’entrée est étroite, le lieu semble petit, et pourtant la visite va durer environ une heure et demie. On pénètre dans une cour où de grandes sculptures conversant entre elles semblent surprises de notre venue. Néanmoins, elles nous invitent à nous diriger vers la salle des plâtres où veillent des œuvres gigantesques.

De gauche à droite : La Liberté, La Force, La Victoire et L’Éloquence
Bronzes
Ce sont les 4 figures du Monument au Général Alvear

En poursuivant son chemin, on arrive devant plusieurs petites portes qu’il faut pousser avec un peu de force. Une enfilade de salles se dévoile avec des œuvres bien plus petites qui témoignent des débuts de l’artiste. Le parquet craque, l’odeur du bois propre nous envahit et on entre dans un monde à part, loin des tumultes de la capitale. Cette agréable promenade se poursuit dans l’atelier de Bourdelle, le vrai, contenant ses essais, ses modèles, des plâtres ou des œuvres en terre. La lumière entre par une haute verrière, propice à un instant chaleureux. L’atelier d’Eugène Carrière attend juste derrière. Là, nous sommes invités à toucher des œuvres, à découvrir les outils et les techniques de sculpture.

Outils de sculpture

Dans les jardins intérieurs, on se laisse à nouveau surprendre par la taille des œuvres. Ce sont des bronzes issus des plâtres découverts précédemment. Habilement placés au milieu des plantes, ils nous proposent de les voir autrement que dans leur contexte de création.

Si vous n’êtes pas encore convaincus…

C’est un moment paisible que propose ce musée, une parenthèse offerte car, oui, la visite est gratuite pour les collections permanentes. Il y a de nombreuses informations sur la vie de Bourdelle, ses sujets de prédilection, les techniques utilisées. Les jardins sont magnifiques, de même que les salles, l’occasion de prendre de belles photographies. Le soleil doit probablement donner un bel éclairage à l’ensemble, mais même sous la pluie l’endroit vaut le détour.

Pour plus de renseignements, rendez-vous sur le site du musée.

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