Être son propre patron, choisir ses horaires, rencontrer des clients, travailler sur de nouveaux projets… Autant de critères qui donnent envie de se lancer dans l’auto-entreprise. Pourtant, il existe des inconvénients, et le système administratif en est le principal !

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Pour cet article, je me fonde sur mon expérience de micro-entrepreneure dans une profession libérale. Pour les artisans et les commerçants, les choses peuvent se passer différemment.

Devenir micro-entrepreneur

Pour vous inscrire, vous devrez vous rendre sur la plateforme lautoentrepreneur et remplir un formulaire en ligne. La démarche se veut simple, mais c’est une façade. Il faudra déjà trouver votre activité parmi une liste qui ne la contient peut-être pas. Si c’est le cas, vous pouvez vous reporter à la nomenclature de l’Insee qui tente de définir les limites de chaque activité.

Il vous faudra remplir les informations habituelles. Puis, vient l’étape du choix de l’organisme de sécurité sociale car vous serez rattaché au Régime Social des Indépendants. Normalement, à partir du 1er janvier 2019, ces organismes devraient retourner sous la Sécurité sociale, ce qui est une bonne nouvelle. Pour ma part, ce changement a simplement bousillé ma carte vitale et m’a valu un regard de sincère compassion de mon pharmacien. Vous devrez également choisir la régularité de vos versements : mensuel ou trimestriel. Attention avec le versement trimestriel, vérifiez que vous avez bien les fonds pour cotiser, même trois mois après avoir été payé.

Si vous remplissez les conditions, n’hésitez pas à demander l’Accre. Il s’agit d’une aide fournie par Pôle Emploi réduisant considérablement votre taux de cotisation pendant 3 ans. À ne pas négliger !

J’ai eu beaucoup de mal à savoir que cocher dans les cases. J’espérais une aide de ma ville, que ce soit à la mairie, au BIJ… Mais personne n’a été capable de me répondre. J’ai donc coché des cases au hasard, alea jacta est.

Une fois le formulaire envoyé, vous recevez par la poste un courrier de l’Insee vous indiquant votre code APE, très important pour définir votre activité. Puis, c’est un courrier de l’Urssaf pour vous annoncer que ça y est, vous êtes auto-entrepreneur.

Commencer à travailler

Pour travailler, il faut des clients. Et pour avoir des clients il faut prospecter, envoyer des propositions de service et établir une stratégie de communication pour cibler les entreprises qui répondent à vos critères et compétences. Le réseau est très important, même les personnes qui à première vue ne correspondent pas à vos recherches (tout le monde connaît quelqu’un qui connaît quelqu’un…). Il est possible de s’inscrire sur le site Malt qui met en relation les entreprises et les freelances de façon simple et sécurisée. Selon votre métier, ce site vous sera plus ou moins utile.

Une fois que vous avez trouvé une mission, vous discutez avec votre client des délais, de vos tarifs et des modalités de réalisation, et vous faites un devis qui pourra avoir la valeur d’un contrat. Être freelance demande une certaine souplesse, surtout au début où vous devez vous faire une place. Pour une mission, je n’avais que 5 jours pour la réaliser, week-end inclus. Je n’ai donc pas compté mes heures.

Mission remplie ! Vous devez alors générer une facture transmise à votre client qui reprend ce qui était convenu dans le devis. Un certain nombre de mentions légales sont obligatoires, vous les trouverez sur le site autoentrepreneur.

Les relations avec l’Urssaf

En tant que micro-entrepreneur, votre contact principal est l’Urssaf. Il faut tout d’abord vous inscrire sur leur site (ce n’est pas automatique, même s’ils vous envoient des papiers) et sur net-entreprise afin de régler vos cotisations.

Pour ces cotisations, il vous suffit de remplir une télédéclaration, c’est une étape très simple (heureusement). En revanche, il arrive qu’il y ait des problèmes informatiques. Par exemple, on nous propose 3 modes de paiement mais je n’ai accès qu’à un seul. J’appelle l’Urssaf (numéro surtaxé, sinon c’est pas drôle) et patiente. Les personnes au téléphone sont généralement aimables et veulent vous aider. Malheureusement elles ne trouvent pas toujours une solution. On m’a donc proposé un moyen temporaire que j’utilise depuis janvier (on est fin mai). On m’a évidemment assuré qu’on me rappellerait rapidement, j’attends toujours. Comme les appeler coûte cher, je suis passée par l’onglet « Echanges avec mon Urssaf » (on essaie de vous faire croire qu’il y a une proximité avec ce « mon »). J’ai envoyé un premier mail, et ai reçu une réponse très tardive ne tenant pas compte des précédents échanges téléphoniques. Une réclamation a également été envoyée, mais c’est de la poudre aux yeux. Mon cas n’est malheureusement pas isolé et n’est pas le pire. Il y a pas mal de témoignages, et leur page Twitter peut rivaliser avec celle de La Poste. À vous décourager de vous lancer à votre compte.

Que retenir ?

Quoi qu’il arrive, gardez toujours une trace de vos échanges : notez les jours et heures auxquels vous appelez et conservez les mails envoyés. Ce sont des preuves de votre bonne foi.

Si vous connaissez des personnes qui sont à leur compte, n’hésitez pas à leur demander de l’aide. Ce n’est pas obligatoirement un mode d’emploi, ça peut être des liens vers des sites utiles ou des documents qu’ils ont pu garder.

Vous serez obligés d’appeler l’Urssaf à un moment. Si vous le pouvez, demandez un rendez-vous et déplacez-vous. C’est toujours plus simple quand on regarde l’Urssaf dans le blanc des yeux. Les débuts sont difficiles, alors accrochez-vous. On ne doit pas laisser l’administration freiner notre envie de travailler et d’aimer ce qu’on fait.