La magie fait de plus en plus rêver, entre des émissions télé et de grandes figures qui se détachent. À une échelle moindre mais non moins passionnée, le groupe Reborn propose un jeu de cartes au concept inédit. Plongez dans ses origines avec JS, le designer !

Qui êtes-vous ?

Nous sommes un collectif de magiciens qui s’est formé en janvier 2016. Nous venons des quatre coins de la France et de la Suisse : l’équipe se compose de Louis, Hugo, Yann, Eliot, Raphaël (depuis un mois), et enfin moi-même, JS.

Nous sommes créateurs sur Youtube où nous avons plusieurs émissions récurrentes ; nous parta­geons également du contenu visuel et audiovisuel sur Instagram et Facebook, et nous avons une troisième casquette de création magique avec une boutique en ligne où nous publions nos tours ou des tours de professionnels, ainsi que des accessoires (T-shirts, posters, tapis de close-up).

Notre activité est orientée vers les magiciens amateurs comme professio­nnels, et les accessoires ou le jeu dont nous allons parler s’adressent à tous.

D’où vient l’idée de ce jeu de cartes ?

L’idée m’est venue dès 2014, c’est d’ailleurs cela qui m’a fait recommencer la magie. Je crayonnais des bêtises dans un carnet de crobards, quand je me suis mis à dessiner un symbole de carte en faisant une trame chaotique. Et le rendu papier était assez intéressant. Puis je n’ai plus du tout pensé à ce croquis et j’ai simple­ment fait mon apprentissage en close-up jusqu’à créer Reborn avec mes quatre compères cités précédemment.

L’été 2016, j’ai retrouvé ce croquis et j’ai partagé le concept au groupe, qui a tout de suite apprécié l’idée d’un jeu. Au même moment, j’ai commencé une année de mise à niveau en arts appliqués à Nantes, qui m’a permis d’apprivoiser la suite Adobe et d’améliorer mon niveau de dessin. Vers la fin de l’année scolaire, je me suis mis pour de bon à développer le jeu et j’ai fait un premier jet qui a immédiatement plu à tout le monde. Restait à trouver une idée pour un dos de carte… et là, miracle ! En cours d’histoire de l’art, la prof nous montre une photo d’une œuvre éphémère d’Andy Goldsworthy en branches d’arbres, qui esthétiquement rappelait mes trames chaotiques. J’ai fait un dos sur Illustrator qui n’a jamais bougé depuis.

Combien de temps cela a pris ?

Comme vous l’avez compris, il a fallu deux ans pour que le premier jet soit ré­alisé en infographie. En juillet 2017, ce dernier a été imprimé en deux prototypes : un rouge et un bleu. Cela a permis de saisir si les visuels s’harmonisaient bien au format. J’ai ainsi pu modifier tous les problèmes de compositions et colorimétrie qui se posaient. Il y avait donc beaucoup de détails à peaufiner. Avec évidemment toutes les suggestions proposées par les collègues, je n’ai pas fait ce jeu seul dans mon coin.

Entre-temps, j’ai commencé un BTS de Design graphiques en médias imprimés qui m’a permis de tout vérifier pour qu’aucun détail ne soit laissé au hasard. Un an s’est passé durant lequel nous avons cherché une finition papier optimale pour nos cartes, et il se trouve que le meilleur imprimeur à nos yeux est européen. Nous avions toutes les clés en mains. Le processus a donc été excessivement long pour une édition de ce type, mais nous participons à Reborn pour le plaisir et sur notre temps libre, ce qui explique un tel délai.

Pourquoi pensez-vous qu’un financement participatif est important en magie ou dans le monde culturel en général ?

L’idée du financement participatif nous est venue assez naturellement. Beaucoup de magiciens fonctionnent avec ce type de plateformes pour financer leurs jeux de cartes. L’investissement repré­sente une grosse somme d’argent, ce que nous n’avons pas ! Nous sommes bénévoles, et notre boutique en ligne avec les taxes, le paiement du site, etc., ne nous permet pas une trésorerie suffisante pour l’autofinancer. Nous comptons donc sur l’attrait déjà manifesté par le public pour ce jeu, et sur sa générosité. L’achat des contreparties sert de précommande.

Du point de vue culturel, je trouve ce type de plateformes et de financements plutôt bien conçues. Ça permet de lancer de beaux projets qu’il est très compliqué de financer à petite échelle. Et une fois l’objectif atteint, avec un peu de chance, les bénéfices permettent d’être auto-suffisant pour développer d’autres projets par soi-même. C’est très positif, et si le projet n’est pas financé, tous les contributeurs sont remboursés.

Merci pour votre attention, et nous vous invitons à participer selon votre envie et vos moyens sur kickstarter. Chaque contribution est la bienvenue !

Si le projet aboutit, les cartes seront envoyées durant le premier trimestre 2019.

© @œil.flou

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